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Éoliennes, Terres rares : une vérité qui dérange

Publié le 01/02/2018 à 18:23 par sosthieracheeolien

Éoliennes, Terres rares et désastre environnemental : une vérité qui dérange

 

Le développement de technologies vertes telles que les éoliennes reposent sur les « terres rares », dont l’exploitation en Chine se fait dans des conditions sanitaires et environnementales scandaleuses.

L’appellation « terres rares » regroupe un ensemble de 17 éléments chimiquescomprenant le scandium, l’yttrium et les 15 lanthanides (en gros tous les éléments chimiques allant du numéro atomique 57 au 71). Évidemment, à moins de maitriser la chimie comme un Walter White, ces éléments ne vous disent probablement rien. Pourtant, ceux-ci sont présents en petites quantités depuis longtemps dans la plupart des produits high-tech qui garnissent notre quotidien.

 

Si le développement des nouvelles technologies tend à pousser la demande de terres rares à la hausse, une industrie s’est nettement démarquée du lot pour sa demande exponentielle de terres rares ces dernières années : j’ai nommé l’industrie éolienne ! Pourquoi donc ?

eolienne.jpg

Comme vous le voyez ci-dessus, une éolienne cache dans ses entrailles toute une panoplie d’équipements dont un alternateur à aimants permanents. Ces fameux aimants permanents – extrêmement couteux au passage – sont généralement en partie composés d’un alliage de terres rares (néodyme-fer-bore dans la majorité des cas, avec de plus petites quantités de dyprosium et depraséodyme). Ainsi, pour fabriquer une éolienne de 3 MW, la compagnie Frontier Rare Earths, spécialisée dans le domaine des terres rares, cite des quantités de terres rares allant jusqu’à 2 700 kg! Avec le développement de l’éolien au niveau mondial, l’industrie des terres rares s’attend donc à une demande de plus 8 000 tonnesde la part de l’industrie éolienne en 2014.

Sur la route des terres rares…

Si les terres rares sont assez uniformément réparties au sein de la croûte terrestre (on en a trouvé sur tous les continents), la Chine en est aujourd’hui incontestablement le premier producteur mondial avec 97% de part de marché! D’autant plus surprenant quand on sait que jusqu’au cours des années 80, les États-Unis étaient les premiers producteurs mondiaux avec le dépôt de Mountain Pass en Californie.

Dans un marché en pleine augmentation comme celui-ci, comment les Chinois ont-ils fait pour conquérir la quasi-totalité du gâteau ? En broyant les prix, pardi ! Et là, arrive la question qui fâche : comment ont-ils broyé les prix ? Tout d’abord, la main d’œuvre chinoise est relativement abordable, même si les mineurs travaillant dans le domaine des terres rares sont relativement mieux payés que leurs compatriotes d’après un envoyé spécial du Daily Mail). En fait, le gros des économies réalisées par les compagnies minières chinoises vient du non-respect systématique de l’environnement et de la sécurité de leurs travailleurs, et comme vous allez le voir, la situation est réellement peu réjouissante.

En Chine communiste, les informations sensibles sont strictement contrôlées. De fait, il est extrêmement dur d’accéder aux fameuses mines de terres rares, et encore plus ardu d’en ramener des images. Cependant, le Daily Mail a réussi à réaliser deux reportages exclusifs dans l’une d’elles, en Mongolie Intérieure en 2010, reportage dont j’aimerais reprendre ici les faits saillants et les images.

terres-rares-1.jpg

 

Ce poison toxique du lac des agriculteurs chinois, Il est ce qui reste derrière, après avoir fait les aimants pour les dernières éoliennes de grande-bretagne... et, comme une enquête spéciale en direct révèle, c’est simplement l'un d'une multitude de péchés environnementaux commis au nom de notre nouvelle vie verte

terres-rares-2.jpg

Autant vous dire que les photos ci-dessus n’ont pas été approuvées par les autorités chinoises ! En ce qui concerne, l’extraction des terres rares, celle-ci a lieu dans des conditions complètement impensables pour un Occidental, je me permets ici de traduire un passage du reportage du Daily Mail:

À l’intérieur de l’usine, de l’acide sulfurique à ébullition coule dans des tranchées ouvertes et de la lave jaune en fusion jaillit des fourneaux rotatifs. L’air remplit de sulfure piquait les yeux et brûlait les poumons. Les vêtements des ouvriers étaient parsemés de tâches d’acide.

« On nous donne des uniformes au début mais ils se font rapidement ronger par l’acide » m’a dit un des travailleurs dont le pantalon était couvert de brûlures d’acide. « On nous donne des gants et des masques. Mais les masques ne font pas grand chose. J’ai du mal à respirer après mes shifts de 12 heures. »

À l’intérieur de ces ateliers, les conditions de sécurité sont inadéquates et le matériel rudimentaire

 

Évidemment, cette accumulation de négligences et d’irresponsabilité totale se devait de produire son lot d’effets pervers dans les régions minières de la Mongolie Intérieure. En premier lieu on pourrait citer le fait que tous les habitants de la région portent désormais des masques partout où ils vont, ou encore le fait que des villages entiers aient été déplacés, ou encore que les radiations radioactives du bassin de résidus (photo 2) sont 10 fois supérieures à ce que l’on mesure aux alentours (l’exploitation des terres rares met à nu des roches relativement radioactives habituellement enfouies). On pourrait encore parler des cas de cancer surabondants, des cas d’ostéoporoses, des enfants qui naissent avec des malformations osseuses, etc. En fait, dans cette région, c’est l’environnement entier qui est devenu inhabitable, même les eaux de surface ont été jugées impropres à l’irrigation ! Ce désastre environnemental, c’est le prix à payer pour produire du néodyme à des prix ridiculement bas comme les font les Chinois.

Voilà la face cachée de l’industrie éolienne, une industrie dont les produits, déjà hors de prix et peu performants,souvenez-vous, ne pourrait sûrement pas se relever d’une augmentation substantielle du prix des terres rares du fait de la mise en place de règles environnementales sérieuses en Chine. Alors, comme vous l’imaginez, dans l’industrie on se garde bien d’évoquer le sort des régions reculées de la Chine où le précieux néodyme est extrait dans des conditions absolument catastrophiques.

 

********************************************************************************************************************************************************

   Métaux rares pour fabriquer des éoliennes: catastrophique!

 

Cliquez sur le lien ci dessous pour visualiser

http://fr.friends-against-wind.org/realities/face-cachee-des-enr

 

"LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE EST LA PLUS FANTASTIQUE OPÉRATION

DE GREENWASHING DE L’HISTOIRE", SELON GUILLAUME PITRON

 

  unnamed.jpg

 

C’est un livre choc sur la transition énergétique. Guillaume Pitron,

journaliste indépendant, a enquêté pendant six ans dans une douzaine

de pays pour découvrir d’où viennent les métaux utiles à nos

éoliennes, nos panneaux solaires ou encore nos batteries de voitures

électriques. Dans "La guerre des métaux rares", il lève le voile sur une

industrie qui se veut verte côté pile, mais qui est particulièrement

polluante coté face.

 

Guillaume Pitron a enquêté pendant six ans pour remonter la trace de

nos métaux stratégiques.

 

Novethic : Pourquoi la transition énergétique a-t-elle des impacts

environnementaux encore plus importants que ceux générés par

l’extraction pétrolière ? 

 

Guillaume Pitron : La transition énergétique a été pensée hors-sol car

on a complètement occulté ce qu’elle allait coûter en matières

premières. Or, pour extraire un seul kilo de lutécium (une des 30 terres

rares), il faut extraire 1 200 tonnes de roche. Pour les séparer, il faut de

grandes quantités d’eau, de l’acide chlorhydrique, et énormément

 

d'énergie produite majoritairement à partir de combustibles fossiles.

Selon le Blacksmith Institute qui établit un palmarès des industries les

plus polluantes, il apparaît que l’industrie pétrolière est de moins en

moins polluante tandis que les activités minières (charbon inclus) le

sont de plus en plus. Nous sommes donc en train de nous débarrasser

du pétrole – à raison – pour une solution encore plus polluante.

 

Les mines sont si polluantes que ça ?

 

Une mine, c’est un véritable choc visuel, un derrick à côté ce n’est rien.

Nous avons pu approcher des mines en Chine et des lacs de rejets

d'effluents toxiques d'usines de raffinage en Mongolie. C’est l’enfer de

Dante. Tout est pollué là-bas, les sols, les airs, les nappes phréatiques.

Les eaux chargées en métaux lourds sont déversées dans des lacs

artificiels qui débordent régulièrement et polluent les fleuves, tels que

le Fleuve jaune. Dans la région de Baotou, capitale mondiale des terres

rares, on parle de villages des cancers. D’un bout à l’autre de la chaîne

de production de métaux rares, quasiment rien n’y a été fait selon les

standards écologiques et sanitaires les plus élémentaires.

 

Comment a-t-on pu passer à côté de cet aspect ?

 

Tout simplement parce que les conséquences environnementales et

sociales de cette extraction métallifère ne se font pas ressentir

cheznous. Dans les années 80, nous nous sommes débarrassés de

notre industrie minière - extraction et raffinage - justement parce

qu’elle était sale. L’exemple le plus emblématique en France est celui

de Rhône-Poulenc (aujourd’hui Solvay), l’un des deux grands chimistes

mondiaux des métaux rares. L’entreprise se fournissait en terres rares

en Australie et gérait la partie raffinage sur notre territoire. Mais

l'entreprise accusée par les ONG d'avoir laissé échapper des éléments

radioactifs dans la baie de La Rochelle, a préféré se tourner vers la

Chine

 

Un choix hypocrite selon vous…

 

Dissimuler en Chine l’origine douteuse des métaux a permis de

décerner aux technologies vertes et numériques un certificat de bonne

réputation. C’est du blanchiment écologique et certainement la plus

fantastique opération de greenwashing de l’histoire. Car nous

connaissions très bien le coût d’accès à des métaux rares à peu près

propres. Nous avons alors choisi de délocaliser la pollution mais aussi

notre savoir-faire en laissant partir une industrie stratégique. Un choix

que nous allons payer cher puisque nous sommes aujourd’hui en

quasi-totalité dépendants de la Chine qui fait avec les métaux rares ce

que les Saoudiens ont fait avec le pétrole depuis les années 70. Ce

manque de vision et ce court-termisme est affolant.

La solution serait l’ouverture de mines ailleurs, y compris en France ?

Les besoins en métaux vont exploser. Il faudra ouvrir une nouvelle mine de terres rares par an d’ici à 2025 pour y répondre. Pour le cobalt par exemple, la demande devrait être multipliée par 24 entre 2013 et 2030. Il va donc falloir ouvrir des mines à tous les étages. Barack Obama a déjà posé les bases juridiques pour l’exploitation de métaux présents dans les astéroïdes ! En France, il y aurait un intérêt stratégique mais aussi environnemental à rouvrir des mines car nos réglementations sont plus strictes et mieux appliquées qu’en Chine. Il faudrait aussi relancer toute la filière pour arriver à un produit fini 100 % Made in France. Car je ne dis pas qu’il ne faut pas faire la transition écologique, mais il faut essayer de faire en sorte qu’elle soit la moins sale possible.